
Le Néron est remarquable par sa silhouette altière, majestueuse, effilée et vertigineuse. Il surplombe la ville de Grenoble et offre un net panorama sur l'ensemble des massifs alentour. Une randonnée hors du commun qui n'est pas à sous-estimer : vires aériennes, nombreuses portions d'escalade en pas de 2 et 3, arêtes sur le fil, couloirs raides et physiques font du Néron un terrain de jeu redoutable Prévoir au moins 1,5 à 2 litres d’eau par personne, par temps ensoleillé. En effet, l’ascension jusqu’aux arêtes est déjà très physique pour ensuite enchainer sur les arêtes facilement exposées au soleil. Enfin la descente est également éreintante. L’environnement aride peut devenir très rapidement suffoquant. Chaussures rando/escalade qui accrochent, l’idéal étant qu’elles soient fines et maintiennent bien. Prévoir une marge d’1 heure ou 2 sur l’heure d’arrivée. Encordement vivement recommandé pour les moins à l’aise, peu expérimentés ou sujets à la peur du vide. Cotation randonnée : T4-T5 Plusieurs passages à escalader/désescalader en pas de 2, pas de 3 et une forte exposition par moments. Arêtes sur le fil en fin de parcours faciles mais ultra exposées. De manière générale, cette course est difficile tant sur le plan physique que technique. D’une part, le cardio et le souffle sont mis à rude épreuve dans l’ascension qui mène aux arêtes, celle-ci pouvant s’avérer très pénible du fait d’une végétation dense. D’autre part, la traversée des arêtes est plutôt longue et demande une lucidité constante de part les nombreux passages exposés, certains très aériens et les nombreux ressauts à gravir. Une randonnée à réserver aux plus aguerris des randonneurs et dont il faudra se détourner pour ceux n’ayant pas l’habitude de la montagne en terrain scabreux. Juillet 2020 // Suite à l’interpellation des unités de secours de l’Isère quant à l’accidentologie du Néron, un groupe de travail s’est formé comprenant le PGHM Isère, la CRS Alpes, la Mission Montagne de la Ville de Grenoble et les services compétents de Grenoble Alpes Métropole. Voici leur message : Attention ! La traversée Sud/Nord des arêtes du Néron est une course d’alpinisme de moyenne montagne ! Il s’agit d’une course d’arête technique et longue qui demande une expérience de la marche en terrain varié et escarpé, une bonne forme physique, le sens de l’orientation et une maîtrise de l’utilisation de matériel d’escalade. Il n’y a pas d’échappatoire et il est fortement déconseillé de faire demi-tour dès lors que vous êtes engagé sur l’arête. Soyez donc assuré de vos moyens et de la météo pour réaliser l’itinéraire Sud => Nord dans sa totalité. Ne vous engagez dans cette course qu’avec un équipement adapté : bonnes chaussures, casque, habit chaud et de pluie, lampe frontale et, dans votre sac, corde, baudrier, quelques dégaines et sangles. Vous devez avoir pleine connaissance de l’itinéraire et de ses difficultés ; de votre niveau technique et de celui du groupe ; de votre état de forme et de celui de vos compagnons ; de l’horaire ; de la météo. Ne sous-estimez pas cet itinéraire. Les unités de secours en montagne interviennent régulièrement pour assister des randonneurs peu ou pas assez aguerris qui se blessent, s’égarent et mettent leur vie en péril. Merci de votre prudence pour que la montagne reste source d’expérience et de plaisir. Moi pour ma part je n’ai pas pu faire la totalité des crêtes du Néron je me suis arrêter avant la première croix débonnaire mais redoutable.. Car quand ont arrive devant la crête rien que la première arrête au sommet , ont se rend rapidement content que c’est soit sa passe soit sa casse et une fois que les arrête pas de retour en arrière possible soyez vigilant la largeur du sentier la hauteur et la largeur de nos épaule voilà n’y allez pas à l’aveuglette
Ascension jusqu’aux arêtes Prendre le chemin qui monte raide face à la maison 2575. Ce chemin se rétrécit jusqu’à arriver à un premier carrefour avec un sentier qui part à droite pour rejoindre le carrefour des quatre couloirs (Pancarte en bois accroché sur arbre), un sentier qui continue tout droit et un troisième qui descend légèrement sur la gauche. Si vous souhaitez passer par la passerelle Hippolyte Müller prendre celui de droite. Une fois arrivé au carrefour des quatre chemin, prendre à gauche sur une sente qui va traverser un pierrier en sous-bois. Continuez sur le sentier qui part tout droit et qui monte progressivement. La sente devient plus raide, part en lacets exigus par moments avant d’arriver au pied de la barre rocheuse. On redescend légèrement pour remonter avec quelques pas d’escalade facile. A partir de là, on ne cesse de monter dans la barre rocheuse toujours avec quelques passages où il faudra mettre les mains. Vous arrivez alors à un carrefour avec une nouvelle pancarte en bois. (photo) Prenez à droite pour rejoindre le camp romain. La sente qui part tout droit mène au Murret qui enchaine très vite sur une sympathique portion à escalader. Pour rejoindre le camp romain, on emprunte donc la sente qui part à droite en direction du Nord et qui va longer la paroi rocheuse par une vire un peu aérienne. Par la suite, un lacet nous fait repartir vers le sud. Plus loin au niveau d’un gros cailloux marqué d’une gros point bleu, (photo) prendre à droite pour remonter par une portion herbeuse et déboucher sur le poste romain. Une pancarte en bois au sol indique la direction des arrêtes vers le Nord et celle du Murret à gauche. (photo) Du poste romain, filer direction Nord par un Lapiaz qui nous fait franchir une première bute. On arrive alors au Belvédère Lucky Luke. Poursuivre par une sente à nouveau présente puis des broussailles avant de gravir une deuxième bute bien plus raide et haute que la première, nécessitant de mettre les mains tout du long. Une fois en haut, la magnificence des arêtes se dévoile et nous laisse à la fois rêveur et perplexe. Les arêtes Le balisage bleu est omniprésent et bien réalisé. La traversée est tout à fait réalisable sans avoir même étudié quelque topo que ce soit. En somme, une description de celle-ci peut toujours être un bon support en cas de doute. Naissance des arêtes Au départ, on évolue sur une croupe qui se rétrécit au fur et à mesure jusqu’à devenir une arête facile mais déjà vertigineuse. Un premier ressaut à franchir par la droite sans difficulté particulière puis un autre ressaut un peu plus loin qui sera plus acrobatique ; ne comportant cependant pas de difficulté majeure. A la suite de ces premiers obstacles, on atteint la brèche du couloir en Z par lequel on peut décider de redescendre sur la droite. Un panneau en bois sur lequel un Z Bleu figure, indique la descente. D’après la majorité des topos étudiés, il est déconseillé d’entamer cette descente aujourd’hui qui serait devenue dangereuse. Cela dit, le témoignage d’un groupe l’ayant emprunté en 2012, consulté sur Bivouak prétend le contraire. Libre à vous de vous y engager, je ne le connais pas mais en cas de doute, faire demi-tour sera certainement tout aussi aisé. Cœur des arêtes Au niveau du panneau en bois avec le Z bleu, on se retrouve nez-à-nez avec une des premières difficultés du parcours. Un ressaut imposant à franchir dont la rampe à gravir débute côté Ouest et monte en oblique côté Est. Rassurez-vous, c’est impressionnant avec du recul mais la montée est plutôt aisée grâce à de bonnes prises. On fera attention à la sortie côté Est exposée avant de rejoindre l’arête par quelques pas d’escalade. Après avoir suivi l’arête côté Ouest par une sente légèrement descendante, on bute contre le ressaut de la Croix ( Débonnaire mais redoutable ). L’ascension de ce ressaut constitue à mon sens une des difficultés majeures de la traversée, voire la plus difficile car elle est bien plus longue que les autres, nécessite davantage d’attention et nous laisse plus longtemps exposé. Suivre méticuleusement le balisage bleu qui nous fait gravir en diagonale une succession de mini ressauts avant de s’engager sur une rampe oblique qui débouche côté Est. On contourne alors le rocher côté Est sur une trace qui est ultra exposée. Puis sur la gauche, à nouveau une section à escalader en pas de 3 qui nécessite beaucoup de lucidité et d’attention de part l’exposition constante du flanc Est derrière nous et les pas d’escalade à enchainer. On débouche sur le haut du ressaut où on aperçoit la croix légèrement en hauteur à 10 mètres devant nous. Après la croix, vient le passage du couloir des Avalanches. Il est court mais extrêmement exposé. C’est large d’à peine un mètre. Clairement, il faut venir buter flanc Ouest, prendre appui avec le pied gauche sur le côté gauche (voire les deux pieds mais délicat) à mi hauteur de la dalle et tenir le haut de la dalle avec les mains. On pousse alors sur la jambe en appui pour venir prendre appui avec l’autre jambe sur le haut de la dalle et se tenir bien équilibré dessus. Et on termine en marchant sans difficulté mais tout en étant exposé de part et d’autre. Dans la plupart des topos ou témoignages relatés, on mentionne ce passage comme étant le plus délicat, impressionnant ou difficile. Paradoxalement, je l’ai trouvé simple à passer. A la limite, j’ai trouvé le ressaut de la croix plus dangereux et technique. Concernant le couloir des Avalanches, il faut simplement savoir faire abstraction du vide et se concentrer sur les bons appuis/prises à prendre. Et hop ça passe tout seul ! Bien évidemment, c’est au jugement et au ressenti de chacun. Ensuite, c’est bien plus simple : On suit l’arrête jusqu’à une brèche puis on redescend sur la gauche sur une sente bien visible qui va traverser un petit canyon. Une fois dans le canyon, on continue à descendre en diagonale toujours sur le flanc Ouest avant de remonter par un ressaut sans grosse difficulté, qu’on franchira par la droite. On débouchera plus loin sur le Sommet Sud marqué d’un cairn. Dernière enfilade d’arêtes On poursuit sur une arête facile mais parfois vraiment sur le fil entièrement exposée où il faudra avoir le pas sûr. Un ressaut qui se franchit aisément par la droite nous amène peu après au Ravin Ulrich ; dernière grosse difficulté de la course. Dans un premier temps, une portion sur plusieurs mètres à désescalader dans laquelle il faudra prêter attention à une exposition moyenne mais constante et où le rocher est à l’ombre, donc plus glissant. Pas de difficulté majeure techniquement, seule l’oppression du vide en contrebas peut rendre nos pas hésitants. Une fois descendu au plus près du ravin, on aperçoit une corde jaune accrochée à un arbre au-dessus de nous sur la droite qui est censé nous aider à passer un passage littéralement à vide. Libre à chacun de l’utiliser ou non. C’est délicat mais d’un pas sûr, il est aisément possible de sauter légèrement pour passer au-dessus de ce vide et atterrir en appui sur le rocher en face. Ensuite, atteindre le Sommet Nord en face par le côté Est. Un poil d’escalade facile mais nécessitant toujours d’être lucide. Le Sommet Nord est remarquable à la Croix Rouge en bas à gauche. Couloir de Clémencières et Descente Terminer sur une petit portion d’arêtes faciles pour rejoindre le couloir de Clémencières indiqué sur un panneau en bois. Y descendre sur la droite en suivant les indications du panneau pour y rejoindre le sentier des quatre couloirs qui longe le bas de la falaise direction Sud. Ce sentier est correct au début mais devient rapidement très pénible du fait d’une végétation très dense. Le sentier se perd maintes fois à travers les buissons et arbustes qui obstruent le passage. Alors si comme moi, vous en avez marre de ne plus progresser et de vous faire taillader en lambeaux, optez pour une descente express par des éboulis notamment. C’est physique mais efficace. On rejoint alors la route qui mène à Narbonne. Impressions Le Néron qui m’a longtemps fasciné depuis que j’ai découvert son existence, en m’intéressant de plus près au massif de la Chartreuse, demeurera une expérience hors du commun. J’ai trouvé cette randonnée à la fois dangereuse et magique, physique et enivrante. On passe par d’innombrables émotions durant la traversée. On se sent tout petit sur les arêtes et dans un même temps, la sensation de dominer est palpable. On en ressort totalement émerveillé, changé, à des lieues de nos tracas quotidiens. Une randonnée sportive qui caractérise bien la Chartreuse et qui est à faire absolument pour qui aura l’expérience et l’aisance requise.